Franck VILLA
Peinture sur toile
Dans la trajectoire de Franck Villa (Nîmes 1958), tout évènement appelle sa conséquence. Aucune étape de son itinéraire n'a plus d'importance qu'une autre. La première, pourtant, se révèle fondatrice: âgé de 8 ou 10 ans il crayonne inlassablement sur n'importe quelle bribe de papier qui lui tombe sous la main. Il déssine des personnages de bandes déssinées, croque les héros de la mythologie, copie les combattants de la deuxième guerre mondiale, profile les gens de son quotidien, esquisse les phénomènes météorologiques ainsi que les paysages qu'il scrute déjà avec boulimie et gourmandise. A 30 ans, sans délaisser la mine de plomb, et accessoirement les crayons de couleur, il se donne au chromatisme de la peinture à l'huile où l'on repère les personnages et les lieux figurés naguère au crayon graphite. Moins de deux décennies plus tard, en 2005, il sent la nécessité de claquer la porte du passé pour aller plus loin. La rupture accouche d'une métamorphose : il peint enfin ce qu'il est, un observateur sagace du temps qui passe, de ses contemporains, des choses de la vie. Il comprend mieux sans doute pourquoi Salvador Dali, Giorgio De Chirico et Kasimir Malevitch l'ont tant bouleversé. Tantôt énigmatique, un tantinet joueur, parfois grave, le peintre construit à la brosse sur la toile de lin des constellations de formes et de volumes qui réfèrent à la quête du sens, aux fins de l'existence, au Dieu, au monde, au moi, à la liberté, a l'immortalité, somme toute à la métaphysique.